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Carnet de voyage – Valparaíso et Santiago du Chili

Découvrir un nouveau pays en quatre jours est particulièrement frustrant. Mais je ne pouvais pas faire l’impasse sur Santiago du Chili (mon escale pour me rendre sur l’île de Pâques) pendant mon voyage. Valparaíso, qui avait l’air bien sympa, était tout proche, j’ai choisi d’y passer ! Carnet de voyage 🙂

Arrivée à Santiago

J’atterris donc à 6h du matin au Chili. Il fait 7 degrés contre une trentaine en Californie. Épuisée du Burning Man. J’ai passé à peu près 48h à dormir une fois que j’ai quitté Sans Francisco. Je passe ma première journée à Santiago sous ma couette.

Je demande à Mathieu, qui a voyagé 4 mois en Amérique du Sud cette année, s’il a encore des contacts sur place. Oui, il en a, mais uniquement hispanophones. Je fais confiance à mon niveau de portugais et à mes vagues souvenirs d’espagnol et parviens à donner rendez-vous à Eduardo le lendemain soir.

Petite balade dans le quartier

Je me motive pour sortir un peu dans le quartier. C’est le déluge, je suis congelée. J‘ai prévu des habits chauds mais là c’est limite. Je fais un petit tour quand même (déjà parce qu’il faut bien que je trouve à manger …). Après avoir croisé pas mal d’oeuvres de street art, la pluie diminue. Les nuages se dissipent, et là je suis scotchée. La Cordillère des Andes émerge du brouillard. Chaque coin de rue est dominé par ses monts recouverts de neige. Je suis presque émue de la voir et ma journée me paraît tout de suite beaucoup plus réussie.

cordillere des andes

La Cordillère vue du métro

Rencontre avec un Brésilien surprenant !

Après une petite nuit de 11h, je m’apprête à sortir de l’auberge. Mais je tombe sur un Brésilien qui est très content de pouvoir parler portugais. On discute une bonne partie de l’après-midi.

Son histoire de vie est impressionnante. Il vient de Natal au Nord du Brésil et travaillait dans le marketing pour un grand importateur de boissons et d’alcool. Sauf que ce milieu au Brésil est fortement corrompu, même en bas de l’échelle. Pour vendre les produits, il est nécessaire de passer des accords, graisser des pattes, etc. Il ne voulait pas faire partie de cela.

Sa solution : « vendre l’appartement, vendre la voiture, le canapé, … quitter la copine … et prendre un billet pour l’Australie  » !

Nos expériences

Je suis vraiment admirative devant son choix de vie, et lui parle du mien qui est un peu similaire finalement. Je lui dis que je n’ai pas expérimenté de corruption à mon échelle. Ce n’est pas comparable au Brésil, mais travailler dans une grande entreprise capable de plans de licenciement colossaux et accusée de corruption dans des pays africains … Je ne m’étendrai pas sur le sujet. En revanche on peut se rappeler que la France est au 26e rang mondial sur le classement des pays corrompus établi par l’ONG Transparency International. Derrière l’Estonie et l’Uruguay et à peine devant les Bahamas et les Emirats Arabes Unis …

A l’auberge de jeunesse

On parle du fait que l’on travaille avant tout pour soi, pas pour l’entreprise. Pour progresser, apprendre, avant d’être utile à l’employeur. Que j’espère trouver une entreprise qui sera en adéquation avec mes valeurs.

La suite de l’histoire du brésilien est tout aussi épatante puisqu’il passe maintenant sa vie à voyager, faire de petits boulots … pour apprendre à cuisiner. Après qu’il ait été admis dans une université en Australie pour devenir cuisinier, il a réalisé ne pas vouloir faire sept années d’étude et préféré prendre le large. Cette conversation en portugais et cette rencontre me donnent du baume au coeur après m’être sentie un peu perdue à mon arrivée au Chili (langue, température …)

Rencontre avec Eduardo

Ma prochaine rencontre m’attend à l’autre bout de la ville. Eduardo, hispanophone uniquement – il me dira deux jours plus tard qu’il comprend un peu l’anglais mais refuse de parler la langue de « Gringolandia », tant mieux j’aurais progressé en espagnol ! – m’emmène d’abord … en cours de maths pendant une heure car il est professeur dans une université de Santiago.

Cours d’histoire chilienne

Ensuite, destination l’appartement de sa maman car il habite loin de la ville, après qu’on ait acheté une bouteille de vin chilien. On discute beaucoup en chemin malgré le fait que je parle portugais en remplaçant les rares mots espagnols dont je me souviens.

C’est le 11 septembre, « l’anniversaire » du coup d’Etat militaire du Chili contre le régime de Salvador Allende, héros national. Il visa à mettre au pouvoir le dictateur Pinochet avec un gros de pouce de « Gringolandia ». Le peu que j’apprends d’Allende grâce à Eduardo me fascine, ses mesures sociales et citations m’évoquent un grand homme.

On parle des différents pays d’Amérique du Sud et en particulier de l’Argentine dont j’ai droit à l’histoire en accéléré, à base de « il y avait un taré de notre côté de la Cordillère, un autre de l’autre côté, celui-là l’était un peu plus dans la mesure où il s’est toqué d’envahir les Malouines »… 


Le Chili est globalement le pays le plus riche d’Amérique du Sud mais en rivalité avec tous ses voisins à part le Brésil. D’après Eduardo, le problème est que le Chili se positionne trop par rapport à l’Europe, le Monde et pas assez par rapport à ses voisins. Une autre raison est qu’ils ont été en guerre contre à peu près tout le reste du continent – si j’ai bien suivi.

Soirée chilienne mémorable

On arrive à l’appartement de sa maman – oui jusqu’ici la conversation se déroulait sur le chemin, dans le noir et par un froid de canard . Franci, un ami d’Eduardo, et trois bébés boxer absolument irrésistibles se chargent de nous accueillir. On déguste notre vin en discutant d’un tas de sujets, Cuba, le Che Guevara, la perte de nos proches, le niveau de fête au Chili comparé au reste de l’Amérique du Sud … Je passe une très bonne soirée. Mon espagnol commence à être un peu moins rouillé. Et je pars me coucher avec les trois chiots et une demi-douzaine de couvertures.

Destination Valparaíso

Le mardi matin, surprise, il fait beau ! La température est tout de suite plus supportable. Eduardo ne travaille pas le mardi et mercredi et on s’est décidés pour visiter Santiago cet après-midi. Et partir ensuite pour Valparaiso en début de soirée et repartir le lendemain.

Petit souci technique. Je passe une heure et demie à attendre mon guide au centre-ville avant de rentrer à l’auberge où j’apprends qu’il est enfin arrivé et que notre bus va partir … on finit par échanger nos tickets, et c’est parti.

« Valpo » est à une heure de Santiago au bord du Pacifique. C’est à la fois un port, un centre politique du pays, et une ville bohème où collines, maisons colorées et street art s’enchevêtrent. Tout cela a inspiré de nombreux artistes qui ont fait de Valparaiso un des centres culturels du pays.

Soirée à Valaparaíso

Tout d’abord, fiesta . Le plan est d’acheter des bières et d’aller les déguster quelque part en haut d’une colline, avec vue sur la ville et l’océan de nuit. On discute beaucoup de sujets très personnels. Notamment de mes émotions au Burning Man. Eduardo, qui adore la haute montagne et la randonnée, pense les comprendre également : dans ces lieux et moments intenses, me dit-il, « la moindre émotion est multipliée par 10 et tu peux être vraiment toi-même ».


Retour dans notre chambre d’hôtel  avec vue sur l’océan où on écoute de la musique chilienne et française avant une bonne nuit de sommeil.

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Vue sur les collines de Valparaiso pendant notre soirée

Le lendemain matin, on s’attaque à l’ascension des collines de la ville dans le but d’aller visiter la Sebastiana, qui fut la maison de Pablo Neruda à Valparaiso. Funiculaire antique qui me fait penser à Lisbonne puis marche dans les rues bariolées entrecoupées de vues sur l’océan, le temps passe vite ! On finit par arriver à destination.

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La maison de Pablo Neruda à Valparaiso

pablo neruda valparaiso

La maison fait 5 étages. La moindre parcelle de fenêtre permet de voir la mer, que le poète chérissait tant.

maison pablo neruda

Il aimait également beaucoup les antiquités et son intérieur est un joyeux mélange entre une cabine de bateau et les puces de Saint-Ouen. Décorations asiatiques, cheval de manège, meubles art déco viennent compléter le tableau. J’apprends plus sur la vie quotidienne de l’écrivain que sur son histoire – j’imagine que les Chiliens la connaissent déjà par coeur . Il adorait servir des cocktails derrière son bar, ne mangeait jamais seul (« c’est comme manger dans un cimetière ») et cuisinait en inventant des noms pour les plats, quand il n’était pas à la recherche d’objets à collectionner.

maison pablo neruda

Commentaire d’Eduardo : Il aimait énormément les femmes, à en juger par ce qu’il a pu écrire sur l’amour. Et il aima de nombreuses femmes.

Visite express de Santiago

On quitte Valparaiso enchantés de notre journée, pour Santiago que je n’ai toujours pas visitée. Sachant qu’il est 18h et que je pars tôt le lendemain … Cela ne pose pas problème à mon guide qui me fait un tour express de la ville.

  • Le siège du gouvernement,
  • le monument à Allende – chargé d’émotion –,
  • l’endroit où Santiago – et donc le Chili – fut fondée,
  • le Barrio Lastarrio qui est plus festif.

On se quitte assez tôt, mais je sais que je reverrai Eduardo, et le pays du désert d’Atacama et de la cordillère des Andes.

santiago

Santiago – Place où fut fondée la ville

A l’auberge, je rencontre un Péruvien qui s’inquiétait de voir mon lit vide deux soirs de suite. On discute rapidement. Ia l’habitude de voyager sans argent en Amérique du Sud, en stop etc … Je le trouve particulièrement courageux car il ne me semble pas du tout être un baroudeur. Le lendemain, je décolle pour ma prochaine destination : l’île de Pâques …

La suite : Carnet de voyage – L’île de Pâques

Quelques photos supplémentaires :


Valparaiso :


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