Carnet de voyage – San Francisco et Yosemite Park

Ville de nombreux extrêmes, de liberté, de richesse et de pauvreté, San Francisco ne pouvait pas ne pas figurer sur l’itinéraire de mon voyage. Difficile de dire si j’aime ou non la ville de la Silicon Valley, des hippies, du Golden Gate Bridge, du mauvais temps en permanence et de la concentration de SDF la plus importante que j’ai vue dans ma vie.
Et pourtant, j’ai l’impression de réaliser un rêve en venant ici tant on est sur une autre planète. Celle de la liberté, de la révolution numérique, du Burning Man, de la tolérance envers tous.

A l’entrée d’un bar, vers Castro 

Carnet de voyage : San Francisco

A « The Bay » (le petit nom de la ville), les loyers peuvent s’élever jusqu’à 5000 dollars pour un appartement de taille moyenne. A coté, les « homeless » et des drogués habitent dans des tentes dans la rue. Gérald qui voyage avec moi en Californie, me présente Jazzwall. Il travaille dans la cryptofinance et est sur le point de lever plusieurs millions de dollars. On discute autour d’un kava – boisson énergisante de Fidji au gout de terre.

Le kava avec Gérald et Jazzwall

Burning Man, conversations …

Jazzwall est allé plusieurs fois au Burning Man. Il nous donne quelques conseils et expériences qui me font l’effet d’une petite fenêtre par laquelle on devine un monde gigantesque.

On parcourt ensemble les évènements à San Francisco à la recherche d’un truc à faire : extatic dance (danse en silence pendant plusieurs heures chacun pour soi), cuddle party (câlins sans aller plus loin), concerts de styles musicaux improbables … On parle de développement personnel, de finance, de nutrition, de polyamour (tout le monde l’est dans sa coloc)… Je lui dis que je pense que dans 10 ans ce sera pareil à Paris.

A côté de cela, il nous déconseille de rentrer à pied à notre Airbnb à Oakland, et s’est fait casser plusieurs fois les vitres de sa voiture. Dans le bar à kava, il parle au barman et découvre qu’ils étaient amis à New York il y a quelques années.

Visite de San Francisco

San Francisco me fera beaucoup d’effet par son architecture. J’en prends plein les yeux avec ses maisons victoriennes colorées plus belles les unes que les autres.

Par exemple, les Seven Painted Ladies ci-dessus, mais aussi …

Rencontre : Reggie du cable car

Le quartier tout en hauteurs de Lombard Street, Chinatown… Et bien sûr le cable car qui sillone tout cela peu importe le dénivelé. On discute avec son pilote Reggie : il travaille de 6h à minuit tous les jours, à l’arrière du cable car à l’orienter d’un mouvement de bras. Je lui demande « Do you like it ? » « No. But I can’t change because this is what I do. If I wanted to change it would be complicated. Keep it simple ».

Castro et Mission

Impossible de visiter San Francisco sans passer par les quartiers de Castro et Mission, fiefs de la communauté LGBT. D‘ailleurs je conseille fortement le film Milk de Gus Van Sant avec Sean Penn en Harvey Milk. On se pointe innocemment au Moby Dick qui est un des incontournables du quartier. Au bout de 2 minutes on est abordés par Israel, d’origine espagnole et mexicaine et qui assume carrément sa sexualité.

On accroche bien avec lui et il se sent investi de la mission de nous faire découvrir Castro. Nous voilà dans une des « place to be » du quartier. J’aime beaucoup cette rencontre. Israel se confie librement dès que l’on parle de vie sentimentale et nous dit pas mal de choses sincères. La boite est globalement remplie de gays et on passe un super moment entre danse et discussions.

Rue principale de Castro

On retourne ensuite se coucher à notre Airbnb du quartier Tenderloin. Il est hors de prix mais vaut le coup. D’une part pour la piscine, d’autre part parce que mon matelas est posé juste à coté de la fenêtre d’où je peux contempler San Francisco depuis une vingtaine d’étages. La vue de nuit est magnifique et je me sens si immergée dans le paysage que je ne peux en détacher mes yeux.

La maison bleue à San Francisco

Gérald décolle pour Las Vegas la veille de notre départ pour Yosemite. Ma journée de repos en solitaire sera ponctuée par l’intervention de Clyde, le chien de l’airbnb où nous logeons à Oakland qui a décidé de mettre en pièces mon matelas de camping.

Je file ensuite dans le centre à la recherche de la « maison bleue ». Chantée par Maxime Le Forestier, une communauté de hippies y vivait dans les années 70. Là « on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé ». Je la trouve dans le quartier de Castro à quelques pas du Moby Dick..

La fameuse maison bleue, la plaque dorée a été offerte par le Consulat de France et comporte quelques paroles de la chanson

Dolores Park … et les sans-abri

J’aime beaucoup ce quartier à l’ambiance détendue et aux maisons victoriennes bariolées. Ma balade se termine à Dolores Park où je croise la jeunesse du coin. Je me dirige vers le métro Mission pour rentrer.

Près du métro, gros retour à la réalité. Des centaines de sans-abri vivent tout près des rues idylliques de Castro et je vois plusieurs associations leur servir à manger. Une grande partie semblent avoir été détruits par la drogue. Cette expérience me marque profondément et me laissera un souvenir doux-amer de la ville de la liberté.

Le Golden Gate Bridge

Carnet de voyage : Yosemite Park !

Le samedi, destination Yosemite, après une escale à Fresno pour récupérer Gérald. Notre pause à Fresno dure un peu plus longtemps que prévu. La nuit est déjà tombée quand nous entrons dans le parc Yosemite. Je passe un moment étrange en roulant seule, de nuit, sur des routes de montagne et en voyant partout des alertes sur un incendie à la Yosemite Valley..

On finit par apprendre que l’incendie n’est pas sur notre chemin, et monter la tente à la lumière de la frontale avant une bonne nuit de sommeil sous les sapins et les étoiles.

Yosemite Valley

La Yosemite Valley

La journée suivante est consacrée à la Yosemite Valley, endroit phare du parc d’où partent de nombreuses randonnées vers les pics et chutes d’eau des environs. Le temps étant orageux, on reste au fond de la Valley qu’on explore en courant, sur un coup de tête. Cela fait vraiment du bien de courir, surtout dans un paysage pareil. On peut ainsi voir le maximum des points d’intérêt de la Valley. El Capitan, le Half Dome, les Yosemite Falls de 740 m de haut …  On parle beaucoup pendant la randonnée, de nos relations, du travail … Et on termine par une baignade dans la rivière bien fraîche.

Derrière nous, Yosemite Falls

Je me sens comme à la maison à marcher au milieu de ces immenses sapins, encadrée des immenses massifs rocheux qui nous contemplent de leur présence millénaire.

(Oui, je suis bien sur la photo !)

Les Yosemite Falls et Bridalveil Falls (« voile de mariée ») dégringolent le long de la roche. Le temps gris d’orage se mêle progressivement au jaune orangé du coucher de soleil. Un cerf se promène dans ce paysage magnifique comme si de rien n’était.


On mange des pizzas dans la Valley puis on part savourer des Sierra Nevada au coin d’un feu magnifique allumé par Gérald, encore tout heureux de notre rando.

Tuolumne Meadows

Le lendemain, on part pour une autre zone du parc Yosemite appelée Tuolumne Meadows. Je n’ai aucune idée de ce qu’est cet endroit. Mais c’est le nom d’un morceau de Eddie Vedder pour la bande-annonce d’Into the Wild, donc cela commence bien !

On est tout de suite saisis par la beauté de la route. Les paysages vertigineux se multiplient, les sommets sont enneigés, et j’ai envie de m’arrêter toutes les 5 minutes pour admirer le relief. Un lac se profile le long de la route, je propose de s’arrêter. On est ébahis par sa beauté et sa clarté, alors qu’il est à peine indiqué sur la carte …


On arrive ensuite à Tuolumne Meadows. C’est saisissant de tomber sur une grande prairie verdoyante et fleurie à 3000 mètres d’altitude. Plus tard, j’apprendrai que le lieu était fermé jusqu’au 1er aout à cause de la neige, c’est le printemps ici !

La prairie de Tuolumne Meadows

Randonnée Mono Pass à Tuolumne Meadows

Notre randonnée est censée nous mener à un point de vue sur le gigantesque lac Mono. Nous partons, d’abord dans les forêts puis à flanc de montagne, pour le lac qui s’avèrera finalement un peu loin pour le temps orageux qui se profile. On traverse plusieurs rivières, les sommets sont enneigés et les couleurs vert et bleu à couper le souffle. Je me sens comme un poisson dans l’eau.

Sur notre sentier, le Mono Pass

 

On aperçoit un petit lac où on veut se poser pour déjeuner et on y croise un habitué du Yosemite avec qui on discute un peu. Il nous confirme que le lac est vraiment loin et on a l’idée d’y aller en voiture. Gérald rentre plus tôt que moi et je me retrouve seule en pleine nature avec pour toute compagnie la vue sur les sommets enneigés et les arbres gigantesques. J’étire ma balade au maximum tant je suis heureuse d’être là.

Route de Tuolumne au lac Mono

Le lac Mono

On part ensuite pour le lac Mono et la route est magnifique : lacs, vues vertigineuses teintées de rouge ou de gris nous escortent jusqu’au lac qui m’impressionne beaucoup tant il est primitif et lunaire.

Le lac Mono

Petite surprise au camping

Un verre plus tard, on repart pour notre camping où, surprise ! Notre tente a été déplacée et toute notre nourriture « impounded ». (On doit la placer dans un « locker » en métal pour empêcher les ours de venir la chercher). Débat pour savoir si « impounded » signifie « saisie » ou « détruite ».

Je râle un bon coup et je m’inquiète pour la nourriture (Dans « nourriture » sont inclus tous les éléments odorants à savoir cosmétiques … bref je n’ai vraiment pas envie qu’ils aient jeté mes cosmétiques solides !). Gérald est super zen et même content car ça va nous donner l’occasion d’aller rencontrer des campeurs pour la soirée.

Rencontre British

Je pars à la recherche du ranger du parc, qui n’est pas là. Une voiture passe alors. Et je me fais aborder par le plus pur accent British qui soit : « Are you looking for the ranger ?« . Ce sont donc trois jeunes Anglais qui le cherchent aussi car ils n’ont pas reçu d’indication sur leur emplacement de camping. Je leur explique alors notre mésaventure. Ils sont tout désolés pour moi. Arrive Gérald qui propose de leur échanger un peu de leur nourriture contre notre compagnie et un super feu. Cela tombe bien parce qu’ils ont un jeu de société qui ne se joue qu’à 5. C’est le destin !

On passe une super soirée au coin du feu avec Ben, Adam et Dominic et leur jeu « The Resistance ». C’est un jeu psychologique vraiment sympa. En résumé, la Résistance doit gagner des missions, mais des espions qui sont cachés parmi les Résistants tentent de se faire enrôler en mission pour les faire capoter. Tout dépend de la capacité de chacun à convaincre qu’il est un Résistant (et du bluff pour les espions).

Retour de Yosemite

Le lendemain, je parviens finalement à récupérer nos affaires grâce au ranger du park qui m’emmène au locker. Juste à côté, trois cerfs me dévisagent en silence. On quitte ensuite le parc non sans prendre en stop une Espagnole. Elle vient de traverser tous les Etats-Unis depuis le Wisconsin où elle a vécu dans une maison en bois, pour faire un bout du Pacific Crest Trail (le sentier parcouru par Cheryl Strayed dans le film Wild) qui passe par Yosemite. On papote beaucoup sur la route.

On finit par rendre notre voiture et retrouver Marie et Julien. Ils font le trajet avec nous jusqu’à Sacramento où une autre étape nous attend : la préparation du Burning Man !

La suite : Carnet de voyage – Aller au Burning Man : mon expérience et photos

Quelques photos supplémentaires :

San Francisco / Chinatown :


Castro :



Yosemite Valley :


Tuolumne Meadows :

Route vers Tuolumne Meadows

Sentier « Mono Pass »

Sur le sentier « Mono Pass »

Sur la route entre Tuolumne et le lac Mono

La suite : Carnet de voyage – Aller au Burning Man : mon expérience et photos

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