Carnet de voyage – Observer les baleines, randonner à Tadoussac

Carnet de voyage à Tadoussac : observer les baleines, randonner sur le Sentier du Fjord… un endroit magique où je veux absolument retourner !

Tadoussac

Demandez votre chemin.
Alors que je déjeune sur le pouce à Tadoussac, je demande à mes voisins la direction du lac dont tout le monde m’a parlé à l’auberge. J’omets de préciser que c’est la troisième fois qu’on m’explique. J’en profite pour faire la connaissance de Jean-Claude et Gary, baroudeurs respectivement français et québécois que je retrouverai au lac puis à l’auberge.

Lac de Tadoussac

Lac de Tadoussac

Tadoussac est un village situé à l’embouchure du fjord de Saguenay dans le fleuve Saint Laurent. Le lac est en bonus !

Il me fait un effet de paradis. Bordé de sapins et de petites plages, il est d’une clarté et d’un calme absolus. Et d’une température telle que je file me baigner. En essayant de réaliser la chance que j’ai de nager dans ce cadre magnifique.

Observer les baleines à la pointe de l’Islet

Je pars ensuite pour le centre de Tadoussac. Après une petite promenade le long du fjord, je me retrouve à la pointe de l’Islet à guetter les baleines. Je m’estime déjà heureuse : la veille, j’ai aperçu tout un banc de bélugas avec mon covoitureur Anthony de Martinique. Il m’a filé tous les bons plans pour observer les cétacés.

Soudain, tout le monde se tourne vers le fjord. Une baleine ! Une nageoire noire sur un dos arrondi émerge de l’eau en décrivant un arc-de-cercle. Une fois, puis deux, puis trois. Je n’en crois pas mes yeux.


Dans un état d’esprit un peu bizarre, je quitte le site, et verse une larme en repartant pour le village. Je ne réalise pas ce que je viens de vivre.

A « L’eau Berge »

L’auberge de jeunesse de Tadoussac

C’est probablement la plus hippie que j’ai pu voir. C’est une institution du coin depuis les années 60. Elle rassemble familles, chiens, vagabonds de passage, touristes chinois et quelques backpackers plus banals comme moi. Une minute à peine après mon arrivée à l’auberge, j’entends « Hé, je te connais ! ». C’est Tiphaine, que j’avais rencontrée à Paris dans ma tribu d’adeptes de restos végé.

J’y rencontre également Geneviève, une québécoise avec qui le courant passe tout de suite . On discute de méditation et de Rainbow Gathering. Ainsi qu’Alan, un français qui a traversé plusieurs fois le Canada sans argent … Et bien sûr mes deux baroudeurs rencontrés ce midi. Ils me rejoignent alors que je me prépare pour ma rando de trois jours le lendemain.

Soirée avant la rando avec mes deux baroudeurs

La météo est pluvieuse et ils me font bien rire en imaginant mon carnet de bord. « Jour 1. Toutes mes affaires sont mouillées, je marche depuis des heures dans la boue…. » Ou encore en me racontant leurs rando raquettes en plein hiver entrecoupées de cassoulet ou poulet basquaise au refuge.

Randonnée au sentier du Fjord

Le trajet vers Sainte-Rose-du-Nord

Rebelote le lendemain au petit dej! On discute voyages, et entre autres l’Argentine où ils se sont retrouvés à faire un détour de x kilomètres pour pas grand chose. Ils promettent de m’emmener au départ de ma rando, et une fois que j’ai plié bagage et confié mes affaires à l’auberge, nous partons.

D’abord, destination un village au joli nom de Sainte-Rose-du-Nord qui se situe plus loin dans le fjord. Mes baroudeurs me font écouter de la musique folk québécoise. Elle se marie à merveille avec notre trajet au milieu des lacs et sapins.

Jim et Bertrand – folk -, Harmonium – progressif !! yeah! -, les Séguin – folk un peu hippie -, Paul Piché – chanson engagée. Gary défend ardemment le chant en français et je serais mal placée pour le contredire.

Sainte-Rose-du-Nord

Arrivés à destination, le point d’intérêt est une église meublée entièrement avec des souches. Mais je retiendrai principalement le déjeuner avec Gary et Jean-Claude. Il tombe des cordes et que je commence à me demander dans combien de centimètres de boue je vais devoir marcher quelques heures plus tard.  Alors que je leur parle de mon projet de rando en Tanzanie, je récolte un « mais t’es bonne à marier, toi ! » dont je me souviendrai !

Ils finissent par me déposer au début du sentier, non sans m’offrir une clochette censée éloigner les ours que je vais porter religieusement pendant 42 km. Principalement parce que j’ai adoré rencontrer mes deux baroudeurs et que j’aurais voulu ne pas les quitter !

Sentier du fjord : de Sainte Rose du Nord à l’anse de la Barge

Coucher de soleil au refuge de l’anse à la Barge

Soirée à l’Anse de la Barge

La suite a été écrite dans le premier refuge du sentier qui sépare la baie Sainte-Marguerite de Tadoussac, au coin du feu que je venais d’allumer. En galérant un peu, puisque j’essayais d’allumer en même temps mon feu dans la cheminée et de m’occuper de mon réchaud à l’extérieur avec un vent et une pluie de tous les diables.

Et tout d’un coup, j’ai fini par faire crépiter un bon feu dans la cheminée et à préparer mon repas. Puis en entrant dans le refuge, qui comporte de grandes baies vitrées sur le fjord, j’ai vu d’un côté de la baie un splendide coucher de soleil et de l’autre un arc-en-ciel.

Refuge de l’anse à la Barge

Le début du sentier

Avant tout cela, j’ai parcouru mes trois premiers kilomètres de sentier sous le déluge en repensant à Jean-Claude et Gary et aux morceaux qu’ils m’ont fait écouter – plusieurs ayant pour thème la pluie, l’arche de Noé, causant des fous rires...

Je me sentais envahie d’une sensation de calme indescriptible, de marcher en forêt, sentir l’odeur des sapins et du bois mouillé. Je me suis dit à un moment que chaque jour, j’avais l’impression d’être plus heureuse que la veille. Et pourtant entre l’observation des baleines et ma rencontre avec mes deux baroudeurs géniaux, je ne voyais pas comment l’être plus qu’en cet instant. Je me suis alors mise à rire en pleine forêt en me disant : tu vas marcher 42 km, tu en as fait 2, c’est le déluge, et tu te dis que t’as jamais été aussi heureuse, t’as vraiment un problème !

 

De l’anse de la Barge à l’anse creuse

Le deuxième jour, je suis un peu plus rôdée avec mon matériel. Je me prépare un bon petit dej que je déguste face au fjord. Le temps est radieux et je me dépêche de me mettre en route pour parcourir les 15 km qui me séparent du refuge de l’Anse creuse. Je crapahute dans les bois avant de me faire arroser à nouveau. J’arrive en haut du fjord dans une grisaille qui gâche un peu le paysage.

Mais le spectacle est magnifique, les bords sinueux du fjord qui ondulent le long de l’eau d’un gris métallique, l’île Saint Louis au milieu (comme à Paris !) et quelques rayons de soleil qui apportent des reflets dorés au paysage.

Sur la gauche, l’île Saint Louis

Ma journée sera découpée entre le calme des bois, l’odeur de résine et de bois mouillé, et les passages en haut du fjord, à même la roche et en plein vent. D’autres moments plus étranges, celui où je traverse une zone de lignes à haute tension dans un vent à réveiller les morts, avec une vue époustouflante. Un village vide, ou un camping au milieu de nulle part où je discute tant bien que mal avec de jeunes québécois au look de punk et à l’accent très prononcé…

J’aime particulièrement marcher au sommet, sur la pierre qui s’étend parfois en un paysage lunaire ou est parsemée de tapis de mousse de toutes les couleurs possibles, vert, rouge, jaune … J’arrive en fin d’après-midi au refuge où, surprise, deux familles et une demi-douzaine d’enfants ont pris leurs quartiers. Cela ne m’empêche pas de dormir profondément, de la bonne fatigue qui suit les journées de rando.

Mon petit dej du dernier jour est prêt en moins de deux et j’ai décidé de faire les 24 derniers kilomètres d’un coup bien que j’aie déjà réservé le refuge qui est à 12 kilomètres de l’arrivée. Je fais le plein d’eau de pluie au récupérateur sans y mettre de pastille et me mets en route.

Du dernier refuge à Tadoussac

Je passe une matinée bien sportive dans les mêmes paysages que la veille. Et un passage en pleine forêt à un moment où j’ai perdu le sentier… J’arrive plutôt affamée au refuge pour le déjeuner

Je vis un moment vraiment magique en voyant pour la première fois le Saint Laurent et l’embouchure du fjord. Un bon feu brûle dans la cheminée. La playlist concoctée par ma soeur me passe A Knife in the Ocean de Foals à fond dans la pièce après une matinée de silence… Je déjeune dans une sérénité totale avant de repartir pour le dernier bout de chemin qui m’offrira des points de vue exceptionnels sur Tadoussac, le lac et le fleuve.

Vue du dernier refuge

J’arrive au bout en faisant le tour du lac que je suis contente de retrouver et me dépêche d’aller planter ma tente juste à côté d’une des plages pour finir ces quelques jours en beauté.

Bye bye Tadoussac

Quelques photos supplémentaires :

Tadoussac :

A gauche en arrière-plan : le fleuve Saint Laurent, à droite l’embouchure du fjord

Vue sur le fjord du Saguenay depuis Tadoussac. Au centre, le traversier, seul moyen d’aller de l’autre côté

Les bélugas :

Fjord du Saguenay :








Juste derrière moi : le lac de Tadoussac, en arrière-plan le fleuve Saint Laurent

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