Carnet de voyage – La Nouvelle-Calédonie en stop – Poum et Nouméa

Suite de mon carnet de voyage sur notre trip en stop en Nouvelle Calédonie. Au programme : la côte ouest de Poum à Nouméa.

Pour la côte est, Hienghène, la nuit en tribu, c’est par là : Carnet de voyage – La Nouvelle Calédonie en stop – Hienghène et nuit en tribu

Destination Poum

Nous sommes donc en train de traverser la Grande Terre par le nord en compagnie de nos sauveurs. La route est montagneuse et plutôt jolie bien que très aride à mesure que l’on s’approche de l’ouest. En chemin, nous avons tenté de réserver le camping de Poingam. Mais il était plein. Nous nous sommes rabattus sur un camping au doux nom de « Bora Bora » situé à Poum, peu avant Poingam. On y débarque en plein après-midi.


Le camping Bora Bora à Poum : le bout du monde

Un rapide tour des lieux nous permet de constater qu’ici, il n’y a rien. Du sable, de la mer et une route. Le reste est absolument désert. Un camping proche du nôtre est le seul signe de civilisation à des kilomètres à la ronde. Nous comptions aviser sur place pour savoir quand repartir, ce sera rapide.

Une rencontre …

Nous avons en plus la malchance d’avoir un voisin de camping particulièrement pénible. Il semble être présent dans mon voyage uniquement pour me rappeler que ceux-ci n’ouvrent pas toujours l’esprit. Grand voyageur plutôt âgé ayant visité la planète entière, sans cesse en train de s’en vanter ou de fourrer son nez dans nos affaires. « Elle est pas bonne la ratatouille là hein ?« , bref …

Pour éviter de le découper en morceaux au centième pays de son palmarès qu’il mentionne sans raison, je file me reposer sur la plage. Olivier et moi sommes d’accord pour décamper d’ici le plus vite possible. On envisage de replier la tente d’ores et déjà.
Nous en parlons à notre voisin préféré. (Avec l’espoir inconscient qu’il y perçoive un message ?).

Bon, ben on va rester

Puis nous sommes rejoints par le propriétaire du camping . Il nous informe que le bus pour Koumac du lendemain matin passe pile devant le camping. Hum, entre tenter de faire du stop dans le no man’s land en plein cagnard et Mr Casse-Pieds, je préfère encore Mr Casse-Pieds. Cela me fera travailler ma tolérance …

On passe une après-midi tranquille au bord de la mer, je fais quelques longueurs dans l’eau turquoise. La petite péripétie ensuite est que j’ai chopé une écharde dans le pied, il fait presque nuit et Olivier arrive à me la dégager à la lumière de la frontale, c’est le meilleur !

On a « vu de la lumière « 

La nuit tombée, la lune fait son apparition. Le plan de la soirée est de se cuisiner un plat de camping et de boire de l’eau désinfectée au moyen de pastilles car l’eau n’est pas potable ici. Probablement avec quelques commentaires de Mr Casse-Pieds..

Olivier suggère d’aller faire un tour du camping d’à côté, où il a « vu de la lumière« . Ce n’est pas une blague, on voit des guirlandes lumineuses depuis la plage et cela a l’air sympa. Bon, on a aussi aperçu que le camping faisait peut-être chambre d’hôte, mais notre vraie raison d’y aller aura été la lumière (ou peut-être inconsciemment que cela ne pouvait pas être pire qu’ici).

Je pars dans un fou rire principalement dû au fait qu’ici, il n’y a rien ! Rien du tout, alors on peut bien faire un tour au camping d’à côté. Quand nous pensions qu’il n’y avait rien à Rangiroa alors qu’il y avait une demi-douzaine de snacks près de notre logement ! Bref, sur le moment j’ai trouvé cela très drôle et suis partie dans un fou rire irrésistible.

Le camping Kejaon à Poum : nos sauveurs

C’est donc parti pour le fameux camping d’à côté, le Kejaon. Non sans intervention de Mr Casse-Pieds.  » Ah ouais c’est cher là bas et il faut réserver blabla« . Nous débarquons et sommes tout heureux . C’est effectivement une table d’hôtes où la maîtresse de maison, vietnamienne il me semble, s’affaire aux fourneaux, on nous rajoute un couvert. On ne sait pas trop ce que l’on va manger mais cela a l’air bien bon. Et elle a bien compris que je souhaite plutôt des légumes et du riz : victoire ! Son conjoint nous sert des bières fraîches qui nous semblent d’autant plus délicieuses qu’à la base nous devions nous contenter d’eau non potable désinfectée au goût de piscine… Et je ne vous parle même pas de l’inespérée connexion wifi. Mr Casse-Pieds est vite oublié !

Une soirée mémorable

Le repas est délicieux, du riz, deux plats de légumes (enfin!!) cuisinés avec une touche asiatique. Et des pancakes à la farine de riz. Nous avons même le droit à un dessert : un porridge au thé vert, lait de coco et perles du Japon, vraiment parfait.
A l’addition, il y a un petit souci : je peux régler le repas, mais réalise que cela va être juste pour payer le bus pour deux pour Koumac. Je n’avais pas fait trop attention au prix, et ils ne prennent pas la carte… je demande à tout hasard s’ils connaissent le prix du bus mais suis mortellement gênée. C’est l’adresse en Calédonie où nous aurons été le plus chaleureusement accueillis (avec Martial bien sûr) … De plus nous avions promis de passer prendre le petit-déjeuner le lendemain.

Le couple nous rassure et nous fait payer un total un peu différent de ce que j’étais censée payer – je suis encore plus gênée … . Ils nous proposent de passer prendre le café le lendemain. Nous acceptons de bon coeur. Je me promets de leur laisser un super avis sur Tripadvisor et nous rentrons au camping tout contents de notre soirée malgré le petit incident final.

Nuit magique

La nuit qui s’ensuit restera gravée dans ma mémoire. Je me lève au milieu de la nuit pour aller regarder les étoiles sur la plage. Je suis à la pointe Nord de la Calédonie, au bout du monde, et vis un très beau moment seule sous la voûte céleste en réfléchissant à mon voyage et à ma vie.

Destination Koumac

Le lendemain, nous retrouvons nos hôtes de la veille non sans les remercier, et destination Koumac.

Nous levons le pouce mais finirons par attraper le bus, pour arriver à Koumac en début d’après-midi, et pique-niquer en étudiant ce que nous pourrions faire sur place.  Réponse : plein de choses, mais toutes impliquent de faire du stop. (Et de probablement galérer car nous sommes dimanche et il n’y a pas un chat dans la ville). On se démotive un peu et choisit de rentrer à Nouméa.

Bilan : La carte de notre trip en stop en Nouvelle Calédonie

Le trajet est plutôt surprenant, la côte ouest est sèche et déserte, avec plusieurs troupeaux qui se promènent. Je comprends pourquoi Elsa qui nous a pris en stop entre Bourail et Poindimié parlait du Texas ! Et de l’autre côté de la route, ce sont d’impressionnantes montagnes qui défilent pendant 5h30 sans s’arrêter ! Nous arrivons à l’auberge de jeunesse de Nouméa où a commencé notre aventure calédonienne : il est temps de se reposer un peu.

Le « Texas » néocalédonien

Nouméa

Après une journée à ne rien faire, on examine un peu les possibilités pour s’évader de Nouméa mais on a un peu trop de contraintes entre un rendez-vous tatouage pour Olivier et une nuit au Méridien que je nous ai offerte avec mes Miles Air France (une pensée pour mon ancien job qui m’a permis de les acquérir !)

Finalement nous choisissons de rester sur la capitale. Et de visiter le centre culturel Tjibaou, sur les cultures de Mélanésie et du Pacifique. Je suis fascinée par les kanaks et ai très envie d’en apprendre plus sur eux. En chemin vers le bus, nous sommes guidés par un kanak qui nous fait la conversation. Il n’est pas très à l’aise avec nous et s’excuse toutes les 2 minutes. Nous lui expliquons que nous avons fait le tour de la Grande Terre et avons vu Hienghène, et là, c’est un autre homme. Son visage s’éclaire entièrement et il nous demande avec un large sourire : « Hyehen ? Vous êtes allés à Hyehen ? vous avez vu la poule ? » (note : rocher en forme de poule caractéristique de Hienghène, voir article Carnet de voyage – La Nouvelle Calédonie en stop – Hienghène et nuit en tribu) C’est donc vrai que cet endroit est spécial dans le coeur des locaux !

Le centre culturel Tjibaou : mon coup de cœur à Nouméa


Le centre culturel est fascinant : il est construit comme un village kanak avec ses cases et son jardin. Lesdites cases étant inachevées pour montrer que la culture du Pacifique est toujours en devenir. Au début, je suis un peu déroutée car je voulais apprendre l’histoire de Calédonie, comment sont arrivés ses habitants … mais il n’y a pas vraiment de logique dans le musée, les cases traitent de sujets complètement différents.

Un peu d’histoire

Je prends les choses comme elles viennent et c’est parti pour :

  •  l’histoire de Jean Marie Tjibaou, figure du nationalisme kanak,
  • de l’art contemporain ou traditionnel de Mélanésie
  • un topo sur la révolte kanak de 1917, qui me met particulièrement mal à l’aise (colons de Métropole enrôlant des Tahitiens et Kanaks pour endiguer la révolute ...). Cela me permet néanmoins de mieux connaître l’histoire du caillou, colonisé par les Français pendant une centaine d’années, et d’admirer le courage des rebelles.

Le chemin kanak

Le musée se poursuit par « le chemin kanak » . Dans le grand jardin qui entoure le bâtiment, nous suivons un itinéraire abordant :

  •  la spiritualité kanak
  • ses mythes fondateurs, et ses liens avec les autres cultures du Pacifique (maoris, aborigènes …)
  • les principales plantes du caillou et leur importance, les arbres, la nourriture …
  • pour se terminer avec un village kanak reconstitué.

Je suis enchantée et trouve (avec le peu de références que j’ai) qu’il n’y avait finalement pas meilleure manière de présenter cette culture que de l’aborder par son ancrage à la terre, comme elle me l’a été présentée en tribu.

Le Méridien de Nouméa pour fêter la fin de notre séjour

Cette après-midi se termine avec un restaurant local sur lequel nous tombons complètement par hasard et où je peux à nouveau déguster de la bonne cuisine calédonienne, igname, coco … Puis c’est soirée ciné (oui on est un peu en manque d’idées d’activités à Nouméa). Le lendemain, je file au Méridien tandis qu’Olivier passe sous les aiguilles. Et nous fêtons le tatouage avec des bières et la vue sur les jardins de l’hôtel, dont de splendides pins colonnaires.


La journée suivante, dernière d’Olivier dans le Pacifique, sera sous le signe de la piscine et d’un ciel bleu sans nuage.

Lorsque nous rentrons du Méridien, nous tombons sur un festival où la Polynésie est à l’honneur : danses, ukulélés, nourriture … Nous sommes tout heureux et en profitons pour acheter du poé, dessert à base de fruits cuits imprégnés de lait de coco que je n’avais pas eu l’occasion de tester là-bas.

Dernière soirée à Nouméa : retrouvailles entre Burners et musique !

Je dis au revoir à mon compagnon de voyage et passe une dernière journée tranquille avant de me diriger vers ma dernière soirée calédonienne. Romain, rencontré au Burning Man, m’invite à une soirée « guitare musique barbec » chez son frangin. Moi qui étais un peu triste d’avoir fini mon voyage avec Olivier, la soirée est un bonheur total : guitare, rencontres, bonne musique, discussions metal, on chante du Guns, Metallica, Pink Floyd, Doors (super Riders on the storm!)… Je ressuscite avec une guitare à la main, cela fait du bien !


Cette nuit-là, je ne dors qu’une heure, avant d’être déposée par la copine de Romain à l’arrêt de bus pour l’aéroport. Je suis encore toute heureuse de cette dernière soirée en Calédonie.

Stop rapide en Australie


Destination Bali. Avant, je fais un stop d’une nuit à Sydney. Cela me rappelle de nombreux souvenirs : c’est un de mes premiers voyages seule (enfin sans ma famille) ! J’en profite pour aller boire un verre avec Ludovic et Elsa qui font également le tour du monde. Et enfin, j’embarque pour l’Asie !

La suite : Carnet de voyage – Bali – Temples d’Ubud


Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Mmn dit :

    Tu pourrais peut-être te reconvertir en anthropologue!Connais tu Françoise Héritier?

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