rano raraku

Carnet de voyage sur l’île de Pâques

Mon carnet de voyage sur l’île de Pâques, qui est l’un de mes préférés de ce tour du monde .

L’île de Pâques est comme je me l’imaginais.

Seule au milieu du Pacifique.
Battue par un vent infernal.
Déserte ou presque, et avec un peu partout les mystérieux moai qui veillent, centenaires, sur ce caillou.
Et pourtant elle est pleine de surprises : plage, cratères, « fabrique de moai » à même la roche … parmi d’autres endroits hors du temps.
Ce sera certainement la destination la plus reculée et fascinante de mon voyage.

 

ile de paques

Arrivée et camping sur l’île de Pâques

Le jour de mon arrivée, je rencontre Katherine lors du (ridiculement court) transfert de l’aéroport (minuscule) au camping. C’est son premier voyage seule et la première fois qu’elle prend l’avion. Je suis contente de faire partie de son aventure !

Installée dans ma super tente deux places, j’accroche le collier de fleurs que j’ai reçu à l’arrivée. Je pars avec Katherine  explorer Hanga Roa, l’unique « ville » sur l’île, et voir nos premiers moai. Ce sont les fameuses statues construites par le peuple polynésien pour vénérer leurs ancêtres.

Les moai

Je ressens déjà quelque chose de très fort et d’indescriptible en voyant le premier homme de pierre, dos à la mer, scruter l’île comme il le fait depuis des centaines d’années. Probablement un sentiment de mystère car on ne comprendra jamais complètement les moai.

 

Ils ont été construits entre 1200 et 1500 par les premiers habitants de l’île de Pâques, les Haumaka. On sait peu à leur sujet à part qu’ils représentaient les ancêtres. Et ont été remplacés par le culte de Make-make (je vous en reparle plus tard) peu avant l’arrivée des Européens. Cela peut expliquer qu’un grand nombre de moai ont été renversés par les insulaires. Tous regardaient vers l’intérieur de l’île, dos à la mer, sauf à un endroit en bas du volcan Terevaka.

La théorie sur l’île de Pâques : c’est du bullsh*t

Personnellement, j’avais l’impression que l’île était témoin d’une civilisation disparue. Car en France j’avais souvent vu circuler des articles sur « une théorie sur l’extinction des habitants de l’île de Pâques » … En fait, pas du tout ! Les responsables de la quasi extinction de la population sont globalement les esclavagistes d’Europe et d’Amérique du Sud. Mais le peuple qui a bâti les hommes de pierre ne s’est pas totalement éteint. 

Notre balade nous mène à Tahai, sur la côte au nord de Hanga Roa. 5 moai toisent la terre ferme d’un regard hautain, dos à l’océan en furie. Je me sens à la fois très heureuse et fascinée par cet endroit.

ile de paques moai

Tahai

Orongo : le village de l’île de Pâques

Le trajet

Le lendemain, Katherine et moi comptons explorer Orongo. Seul village polynésien intact de Rapa Nui, il est situé en haut d’un cratère. Benjamin, un natif qui parle français, propose de nous emmener. « C’est l’île de Pâques, les gens sont gentils ! »

Le trajet est magique. On voit la quasi totalité de l’île depuis la route. La mer nous encercle toute part tandis que la terre déploie ses nuances entre jaune paille et vert foncé, et son relief ondulé jusqu’au volcan Terevaka qui se situe à l’autre extrêmité.

Le culte du dieu-oiseau

Arrivée en haut, je découvre un pan de l’histoire Rapa Nui que je ne connaissais pas : la cérémonie de l’homme-oiseau. Elle avait lieu en l’honneur du Dieu Makemake dont le culte a remplacé celui des ancêtres (moai), et ce à Orongo.

Elle consistait en une compétition pour :

  •  descendre de la falaise,
  • nager jusqu’à un îlot,
  • attendre le premier oeuf d’un oiseau plutôt rare qui ne nichait qu’à cet endroit.
  • revenir !
    Je suis impressionnée par tout : le caractère sacré de la cérémonie, l’isolement du village bâti sur une bande de terre, les maisons, l’océan.

Le village

 village ile de paques

Le cratère

Puis on s’approche du cratère. Katherine déclare : « Estoy sin palabras » (je n’ai pas de mots) . Cela résume bien ma pensée tant le paysage est spectaculaire. Le volcan est gigantesque, rond, vert, bleu. L’intérieur est occupé par des marais et herbes sauvages. La mer se dessine derrière l’autre bord, zébré par une bande fuschia formée par des fleurs.

C’est un des plus beaux paysages de mon voyage alors qu’il y a quelques minutes j’ignorais son existence…  Nous avons du mal à décoller nos yeux de ce panorama.

ile de paques orongo

Stop sur l’île de Pâques

On revient à Hanga Roa par un trail dans la forêt d’acacias et de palmiers. Puis je propose de nous rendre à Vinapu, le premier et plus proche site archéologique de la rive sud. Après une petite heure de marche, on arrive. C’est fermé : tous les rangers du parc ont réunion. Dommage, et retour dans l’autre sens.

Mais un pick-up s’arrête à notre hauteur. Ce sont les rangers ! Ils nous proposent de nous déposer à Hanga Roa. On monte à l’arrière du pick-up et c’est parti pour un moment cheveux au vent !

ile de paques stop

L’île de Pâques à vélo

Le vendredi, j’ai pour projet d’escalader le Terevaka, point culminant de Rapa Nui. Mais mes plans changent quand je rencontre Daniel, Autrichien qui termine son voyage en Amérique du Sud. Nous décidons de louer des vélos pour faire un grand tour de l’île le lendemain.

Une fois les vélos loués – on est passés trois fois devant la boutique sans la trouver parce qu’un paréo masquait l’enseigne – on se dirige vers Anakena, alias l’unique plage de l’île.

Trajet d’Hanga Roa à Anakena


La ville cède rapidement place à des paysages désertiques, les volcans ponctuant à peine la terre désolée recouverte d’herbe jaunie par les éléments. Soudain apparaît la mer : une fois sur la côte Sud, puis tout autour de nous, puis au Nord. (On passe très rapidement d’un rivage à l’autre !).

anakena

Enfin, une belle descente nous mène à une forêt de cocotiers : Anakena ! On aperçoit d’abord le sable fin, puis la demi-douzaine de moais, puis l’eau cristalline. Tout heureux, on file piquer une tête même s’il ne fait pas vraiment chaud . Le vent omniprésent rafraîchit l’atmosphère… De grandes conversations, coups de vent et éclaircies dorées plus tard, on repart pour Hanga Roa. Prêts pour la journée de vélo du lendemain.

moai

Tour de l’île de Pâques à vélo

La côte sud

On part tôt. Direction Vinapu, qui est ouvert cette fois-ci. L’océan en furie se déchaîne contre la côte pierreuse. Les moais ont été renversés et gîsent face contre terre. A priori parce que les Rapa Nui ont cessé de vénérer leurs ancêtres, leur préférant Makemake mais on n’en est pas sûr.

Le ciel est nuageux mais cela peut changer en deux minutes. On reprend la route pour longer la côte Sud en croisant des troupeaux entiers de chevaux sauvages, des moai renversés, du bleu, du vert. Une crique où l’océan dessine cascades et arabesques.


L’île m’apparaît à ce moment-là comme je pensais la trouver. Orongo, le cratère et la plage étaient plutôt surprenants. Tout comme le trail dans la forêt sèche et arborée. Sur la rive sud, rien de tout ça, juste des vagues, du vent et des moai. Et un sentiment d’isolement comme je n’en avais jamais connu.

On rencontre d’autres chevaux sauvages sur fond de paysage volcanique, plusieurs sites avec des moai renversés, une caverne et un unique homme de pierre encore debout. Le vent est infernal, grisant.

Rano Raraku : la fabrique des moais

On arrive enfin vers Rano Raraku, « la fabrique » des statues. Il s’agit en fait d’un ancien cratère dont les parois rocheuses ont permis aux Rapa Nui de sculpter leurs idoles à même la pierre.

Au loin, on aperçoit les 15 moai du site de Ahu Tongariki, le plus grand nombre de statues au même endroit sur l’île. Mais ce sera pour plus tard. On approche petit à petit de Rano Raraku et là c’est un enchantement. Une, deux, une dizaine, une cinquantaine de statues se dessinent sur les pentes herbeuses du bas du cratère. Et ce ne sont pas des moai achevés mais juste des têtes, des torses … Ce qui résulte en un paysage incroyable, et la sensation de faire un saut dans le temps à l’époque des Haumaka !

rano raraku

Coup de cœur !

C’est l’endroit le plus impressionnant que j’ai pu voir pour l’instant sur l’île. Les statues sont enfoncées dans le sol pour permettre aux Rapa Nui de les sculpter. Certaines sont en cours de découpe au coeur de la roche. Il y en a partout. Et au loin, la mer, les chevaux, les 15 moai …

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L’intérieur du cratère de Rano Raraku

On finit par quitter la « fabrique » et nous diriger vers l’intérieur du cratère. Et là, surprise : encore des couleurs et un calme extraordinaires. Et les hommes de pierre qui veillent depuis les parois.

Ahu Tongariki

Départ pour notre dernière étape : les quinze moai d’Ahu Tongariki. Je suis encore toute retournée de la « fabrique » et voir ces géants dos à l’océan n’a pas fini de m’émouvoir. Me faire sentir minuscule face à ces siècles d’histoire et cette civilisation incroyable aussi loin de la nôtre.

Légère inquiétude au retour

Nous repartons vers Anakena puis Hanga Roa. Dans un état d’esprit un peu spécial : Il y a de la fumée partout. Il semblerait bien que des feux de forêt sévissent au centre de l’île. Cela entraîne de magnifiques paysages de fin du monde, mais nous inquiète un peu aussi !

On finit par lever le pouce en quête d’un pickup pouvant trimballer nos deux vélos. Le chauffeur parle Français et est guide touristique sur l’île. « J’ai vécu en France pendant huit ans ! – Où ça ? – Chez les chtis ! »

Cette journée incroyable se conclut avec un coucher de soleil à Tahai. Le lendemain, je quitte l’île non sans recevoir de Benjamin un petit collier avec un moai « pour me protéger ». Et le sentiment que j’ai vu un endroit unique au monde, fascinant, et que je ne reverrai jamais.

tahai

La suite de ce carnet de voyage sur l’île de Pâques : Carnet de voyage : La Polynésie : Moorea et Huahine

 

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