Carnet de voyage – Chicoutimi, Montréal et Toronto

Carnet de voyage à Chicoutimi, Montréal et Toronto !

N’ayant pas trouvé de covoiturage Tadoussac-Saguenay, je me fie aux bénévoles de l’auberge – Tiphaine la première – qui me disent que je n’aurai aucun mal à trouver un « lift » en levant le pouce.

Stop de Tadoussac à Chicoutimi

Moins de dix minutes avec le pouce en l’air s’écoulent. Avant qu’un camion noir se plante devant moi, portant l’inscription pas très discrète « J’ai survécu au Bootlegger – Let’s Rock ! « .

​ Son chauffeur – casquette et tee-shirt avec la même phrase que sur le camion – m’interpelle. « Saguenay ? Speak English, French ? Ok je vais te faire de la place ! ». Il a l’air ravi de trouver un compagnon de voyage et s’empresse de me faire la conversation avec un accent québécois adorable.

Rencontre avec Pat et discussions sur la prohibition

Il s’appelle Pat, et le fameux « Bootlegger » est en réalité un restaurant situé à La Malbaie près de Saguenay. Son histoire est plutôt intéressante. Un Américain (des USA) avait ouvert ce bar du temps de la prohibition.

A ce moment, il y avait aussi une loi sur la prohibition au Canada. Mais elle dépendait de la zone géographique (de la tolérance du clergé du coin pour être précis). Le bar était situé dans une maison datant des années 1860, et a décliné après la fin de la prohibition pour finalement fermer.

Fin du XXe siècle, il a été restauré et rouvert dans un esprit proche de celui d’origine. Celui d’une grosse soirée basée sur la viande et l’alcool, si j’ai bien interprété leur devise. Quant au « Bootlegger », c’est le nom que l’on donne aux flasques d’alcool que l’on met habituellement dans la poche de poitrine. Car à la base elles étaient faites pour être mises dans la botte des cowboys (boot – legger).

Arrivée à Chicoutimi

On passe un super trajet entre la route longeant forêts et rivières, le soleil, des conversations sur les voyages, la langue française, Daft Punk et j’en passe, et de bons fous rires. Quand je lui fais remarquer la beauté du paysage, il me répond qu’il est d’accord. Mais il a l’habitude de faire ce trajet et me dit « la beauté, tu ne la vois pas au quotidien », à méditer…

Il fait ensuite un détour pour me déposer pile là où vient me récupérer Simon, mon premier couchsurfer sur ce voyage. Non sans m’offrir des produits du Bootlegger que je vais m’empresser de tester (sauce barbecue et vinaigrette estampillée « mettez de la contrebande dans vos salades »).

Vient ensuite Simon qui débarque avec Ray-Ban et tee-shirt Guns and Roses pour rivaliser avec Pat en matière d’accent adorable.

Souvenir de ce trajet en stop – vue du fjord près de Saguenay où on écoutait à fond Heymoonshaker !

Chicoutimi

On file dans une microbrasserie où on parle de metal, de festivals et de ses différents métiers aussi variés qu’improbables. -Il fait de l’inspection de soudures par ultrasons, ce qui me rappelle un peu mon travail, bosse aux impôts .. entre autres.

Je passe la journée du lendemain à explorer Chicoutimi, vu que j’ai abandonné le lac Saint Jean qui est trop loin sans voiture. Il n’y a pas vraiment grand chose à faire. Mais je finis par tomber sur un festival de musiques du monde et il fait beau, donc pas grave ! Je passe deux jours bien reposants chez Simon qui habite au fin fond de la campagne, avec Debbie son « beau chien précieux » et quelques films un peu niaiseux (« débiles » pour les Français). Je ne regrette pas du tout d’avoir quitté Tadoussac. Rien que la rencontre avec Pat et Simon valait le voyage.

Centre-ville de Chicoutimi, à droite la « petite maison blanche » qui a été une des rares à survivre à de grandes inondations qui ont frappé la ville en 1996

Destination Montréal par le parc de la Jacques-Cartier

Le dernier jour, on promène Debbie dans le bois d’à côté à 6h du matin, la rosée mouillant les chaussures, et en cueillant des framboises sauvages sur le chemin. Je prends ensuite un covoiturage pour Montréal, trajet très agréable car la moitié se déroule au milieu du parc de la Jacques-Cartier et ses milliers de collines et sapins. Le but en rentrant à Montréal est de passer payer ma plongée du weekend. Avant d’aller chez Gary et Jean-Claude où je suis invitée à souper (dîner pour les Français). 

Parenthèse plongée :

J’ai passé en France le PADI Open water diver qui est un diplôme me permettant de plonger à 15 m (le niveau 1 de plongée), mais c’était la partie théorique en piscine. Pour valider mon diplôme, je dois aussi faire 4 plongées en milieu naturel, et en fouillant j’ai trouvé que je pouvais faire les 4 plongées à Montréal en un weekend, dans une ancienne carrière inondée. Cette carrière est située dans une réserve indienne (Mohawk) appelée Kahnawake. L’organisme de plongée a un accord avec les autochtones pour pouvoir aller faire des bulles dans leur carrière, qui comporte notamment une épave.

Arrivée à Montréal

Une fois sur place, surprise ! je découvre que je vais devoir promener 40 kg de matériel de plongée (j’avais tenté de négocier un lift quand j’ai fait ma réservation, mais c’est visiblement passé à la trappe). En plus de ça, ils ne fournissent pas le masque et les palmes. Je vais devoir aller les louer à l’autre bout de la ville. Je prends sur moi et commande un Uber pour trimballer tout le bazar chez Gary.

Le jardin, version de jour, avec la tente au fond

Soirée dans le jardin de Gary

Au bout de cinq minutes sur place, tous mes soucis sont oubliés. Je suis à Montréal dans un jardin adorable éclairé par des guirlandes. Mes deux amis m’ont planté une tente au fond du jardin, où m’attendent trois matelas de camping.

Les autres invités à la soirée me plaisent bien. On a des conversations bien intéressantes entre personnes de tous âges et cultures. Gary a cuisiné sur mesure selon que ses invités soient végés ou chiantsvéganes ou carnivores. Ils nous racontent moult souvenirs de leurs vies qui me semblent remplies de voyages et de liberté absolue. Je bénis le ciel de les avoir rencontrés et passe une super nuit dans ma tente 4 étoiles.

Heureuse d’être à Montréal !

Derniers jours à Montréal et plongée

Le vendredi est la veille de mon weekend plongée. Après un super déjeuner (petit-dej pour les Français), je me décide à louer une voiture et hérite d’une Fiat 500. Je vais pouvoir silloner Montréal pendant 48h ! Ainsi que la réserve de Kahnawake où je vais faire mes plongées.

Je retrouve ensuite Julien et Marie et leur super mi-chat mi-léopard des neiges, qui m’accueillent pendant ces trois jours. J’aurais aimé avoir plus de temps à leur consacrer.Je passe deux jours de plongée bien crevants en compagnie d’instructeurs adorables. Je fais des détours par le jardin de Gary dès que je le peux.

Mon dernier soir à Montréal se passera en compagnie de Patrick, qui débarque de France le jour même. On est crevés mais il faut fêter ça !

La carrière à Kahnawake

Après un petit dej avec Julien dans un café artisanal tout adorable, je quitte Montréal pour Toronto, persuadée que je reviendrai boire de la Labatt dans le jardin de Gary.

Toronto

Une fois sur place, c’est Michal un ancien collègue et Olivia qui me retrouvent, et j’ai droit à tout l’itinéraire et les explications pour pouvoir voir le maximum de Toronto en deux jours. Cela me fait vraiment plaisir d’autant que Michal est très fier de sa ville et plein d’idées pour que j’en profite à fond.

Hello Toronto ! – Oldtown et vue sur le Financial district

Balade à Toronto

Ainsi je pars le lendemain pour mon tour sur mesure. Oldtown et son marché couvert, Chinatown, le quartier bariolé de Kensington Market, les quartiers résidentiels avec des maisons à l’ancienne très photogéniques, la rue Queen Street et son alignement de bars et restos…

Maisons à Little Italy

J’aime beaucoup les quartiers de Litte Italy, Little Portugal et Chinatown qui, comme me l’a dit Michal, ont été littéralement construits les uns à côté des autres par les différentes ethnies. Il en résulte un melting pot de cultures qui se mélangent un peu. Dans chaque quartier, le nom de la rue est traduit dans la langue de l’ethnie, coréen, chinois, portugais …

Graffiti Alley

Toronto Islands

Après un énorme plat de riz aux légumes, je pars pour la partie plus moderne de la ville, le Financial District puis le bord du lac Ontario. Le but est de me rendre sur les Toronto Islands que l’on rejoint en ferry. La skyline de Toronto vue depuis l’île est plutôt jolie. Mais je préfère encore l’ambiance de l’île une fois arrivée sur place : bateaux de plaisance, sportifs, parties de volley ou encore pêche semblent au programme sur ce que Michal a appelé « notre Central Park ».


Je traverse l’archipel pour aller voir le lac de l’autre côté et tombe nez à nez avec une jolie petite plage. Personne ne se baigne car l’eau est un peu fraîche, mais la tentation est trop grande et moins de deux minutes plus tard je me retrouve à nager à moitié habillée dans le lac Ontario, toute heureuse.

Soirée avec vue sur Toronto

De retour sur le sable, je reçois un message de Michal qui me donne rendez-vous dans le centre-ville pour aller boire des verres sur le rooftop d’un immeuble d’une trentaine d’étages et ainsi avoir une super vue sur Toronto. Je sors à peine du lac et mes habits sont mouillés. Mais je file et après avoir crapahuté dans le centre-ville bondé, on se retrouve finalement à boire de la bière blanche québécoise face à un magnifique panorama de la ville au coucher du soleil


La soirée n’est pas finie car mon super guide m’a prévu un tour en voiture dans les quartiers que je n’ai pas visités : l’Université de Toronto, les « Champs Elysées » du coin, et la banlieue d’où on a une vue incroyable sur le centre ville et le lac. J’ai vraiment adoré ces deux jours avec Michal et Olivia et le programme intense qu’ils m’ont concocté. Mais c’est l’heure de décoller pour San Francisco où d’autres aventures m’attendent !

Quelques photos supplémentaires :

Chicoutimi : friches industrielles des anciennes usines à papier


Parc de la Jacques-Cartier au nord de Québec :

De retour à Montréal :


Toronto :
Oldtown, marché couvert :

Financial District :

Queen Street :

Chinatown et Kensington Market :



Little Italy :

Graffiti Alley :



Toronto Islands :





Au revoir Toronto !

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