Etre végane en Chine

En attendant de vous mettre à jour sur le voyage (ne vous y trompez pas, je trépigne littéralement d’impatience dans ma tête), il me tenait à cœur de vous parler d’être végane en Chine. Notamment car c’est un pays particulièrement différent du nôtre, et « être végane en Chine » est beaucoup plus challenge qu’une bonne moitié des pays que j’ai choisis pour mon TDM.

Pourquoi je vous parle de véganisme en Chine

C’est lors d’une mission de deux mois en Chine pour le travail que j’ai pris la décision de devenir végane. Et c’est l’un des pays où j’ai le plus embrassé ce mode de vie. Une façon simple de se nourrir à base de fruits, légumes et riz. Malgré un quotidien assez éprouvant (lever 6h tous les matins…). C’était une belle expérience qu’il me tient à cœur de partager.

Avant de débuter, j’aimerais insister sur le fait qu’il ne s’agit là que de mon expérience personnelle. Je vais également aborder des aspects plus culturels. Malgré ma bonne connaissance du pays et de la famille sur place, cela ne fait pas de moi une experte sur le sujet. Mais cela peut vous aider un peu à comprendre les locaux que vous rencontrerez.

Etre vegan en Chine : Mon expérience

Je suis donc partie trois fois en Chine pour des périodes de deux mois environ, au fin fond de la campagne du Guangdong.

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Vous vous aventurez dans cette contrée à vos risques et périls

Mon voyage était pour le travail. Mais cela ne m’a pas empêchée de vivre dans le pays et de pouvoir en tirer quelques conseils.

La nourriture chinoise

La nourriture chinoise, de manière générale, va surprendre le Français qui a l’habitude de manger dans les restaurants chinois de France:

  •  nems (spécialité vietnamienne),
  • samosas (spécialité indienne),
  • plats en sauce qu’on ne retrouvera pas en Chine (indice : ils comportent zéro os ou arêtes),
  • voire des sushis dans les plus cosmopolites !

En Chine, tout est très différent, les odeurs, les goûts, les aspects … même le riz. Je le trouve bien meilleur qu’en France !

Par ailleurs, la nourriture a en Chine une dimension sociale, partagée. Au restaurant il est très commun de partager les plats (souvent pour plus d’une personne). De nombreux restaurants proposent une table à plateau tournant pour que les convives puissent goûter à tout.

Aller au restaurant en Chine

Du point de vue du végétarisme, aller au restaurant en Chine est compliqué.

Le côté positif de ces grandes tables est que cela multiplie les chances d’avoir de quoi manger . Surtout que de nombreux plats proposés sont végétariens voire végétaliens (à base de tofu ou légumes). Pas la majorité de la carte, mais assez pour être sûr de ne pas manger la même chose chaque jour.

De plus, la manière de cuisiner est plutôt végé friendly, la majorité des plats étant élaborée à base d’ingrédients végétaux tels que de la sauce soja et de l’huile. Mais mieux vaut demander pour en être certain. De la sauce de poisson ou d’huître peut également entrer en jeu !

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Commander des dim sum véganes : la fierté.

La communication

Le seul problème étant … de communiquer.

Peu de Chinois « ordinaires » (serveurs, employés …) parlent anglais. Les cartes des restaurants sont généralement pas ou mal traduites à moins d’être dans un resto chic (et encore).

D’autre part, si vous parvenez à communiquer en anglais ou en chinois, attention. Dans la culture chinoise, il est difficile d’admettre qu’on ne connaît pas la réponse ou qu’on n’a pas compris la question. Mieux vaut répondre par l’affirmative. Par exemple, si vous posez la question : « Pour aller au temple c’est à gauche ? – Oui – C’est à droite ? – Oui » Je suis sérieuse !
A ce moment-là, il vaut mieux ne pas hésiter à multiplier les questions pour essayer de capter la réponse, voire de demander à un autre interlocuteur.

Communication écrite

Le mieux étant la communication écrite : je vous ai mis un petit mémo en fin d’article.

Croyez-moi, la communication écrite marche beaucoup mieux que l’oral : mes collègues et moi avons testé ça à plusieurs reprises dans les taxis, à essayer de prononcer de x manières différentes le nom du lieu où on allait (et je parle chinois!), par contre en montrant le nom écrit ça passait comme une lettre à la poste.

La nourriture en Chine : vegan friendly ?

Revenons au véganisme.
Si certains plats sont végétariens et donc probablement végétaliens, ça ne veut pas non plus dire que la nourriture est globalement végé. On peut avoir cette image d’un pays bouddhiste donc végétarien. Or ce n’est pas le cas ! Comme les Français, les Chinois aiment beaucoup manger de la viande ou du poisson, même si c’est dans des quantités moindres que les Occidentaux. Vous risquez d’être nez à nez avec une tête de poisson ou des crabes vivants attachés au détour d’une rue, sans compter les odeurs.

En particulier, dans les plats type nouilles ou riz, il est fréquent de trouver plein de petits morceaux de viande ou de poisson, difficiles à détecter avec un coup d’oeil rapide. Faites attention, regardez bien ou renseignez-vous. Le must étant d’être accompagné d’une personne bilingue…

Ma solution : comment s’en sortir quand on est vegan en Chine

Quelle a été ma solution ? Tout simple : me nourrir au marché, à l’épicerie, au supermarché.

Cuisiner

Lors d’une de mes missions, j’avais un appartement avec cuisine. Là, c’était royal, je pouvais cuisiner fruits, légumes, haricots de soja, azukis … et riz pour mes repas. Les fruits et légumes étaient d’une grande variété dans ma région (le Guangdong, situé au Sud de la Chine) et les primeurs présents partout. Si cela est votre cas, vous allez vous économiser un maximum de soucis, néanmoins il y a quelques trucs à savoir :

  •  les ingrédients au supermarché (sel, épices, farines…) ne sont pas forcément traduits : prévoir une appli ou un dico pour faire les courses !
  •  au niveau des protéines, le tofu peut être … surprenant par rapport à celui qu’on connaît, j’ai eu l’impression qu’ils consommaient plus du tofu soyeux (d’ailleurs au restaurant les plats de tofu étaient souvent à base du tofu soyeux!).
  • D’autre part les légumineuses ne sont pas les mêmes, et se font plus rares dans mon expérience, à part les azukis et haricots de soja j’ai eu du mal à trouver autre chose. Si vous partez en Chine pour une longue période, il faudra peut-être prévoir des lentilles ou une supplémentation en fer.
  •  le « pain » en Chine est rarement vegan, c’est souvent de la brioche, même s’il ressemble trait pour trait à un pain au céréales…

Mes petits plats avec les moyens du bord : morceaux choisis.
Comment ça il y a des mangues dans tous les plats ? C’est faux.

Si on n’a pas de cuisine

J’ai aussi pu séjourner dans un hôtel, et là ce n’était pas du tout aussi simple.
Si je pouvais toujours acheter d’excellents fruits exotiques un peu partout, il n’en allait pas de même pour le reste de mon alimentation. En plus avec ma cantine pas très végé friendly, j’avais l’estomac dans les talons en arrivant le soir. Voici donc un résumé de ce que j’ai pu manger à ce moment-là :

  •  du riz cuit et chaud, en vente à emporter un peu partout
  •  du tonyu : lait de soja chaud (et « frais », en tout cas c’était excellent !) en vente à emporter dans certains fast-foods
  •  noix diverses, des flocons d’avoine, du lait de soja acheté en supermarché
  •  chips ou autres snacks apéros (vu que le reste de mon alimentation était pauvre en graisse …)
  •  nouilles déshydratées (attention à vérifier qu’elles sont végé)
  •  légumes crus coupés en bâtonnets
  •  et c’est à peu près tout ! Ce qui convient pour quelques jours, mais au long terme c’est assez compliqué et difficile à concilier avec une vie professionnelle ou étudiante, à moins de manger globalement frugivore.  Moralité : je vous conseille vraiment de privilégier les lieux avec cuisine type appartement ou auberge de jeunesse !

Le rapport aux animaux en Chine

Avant de finir cette partie conseils pratiques, petite alerte sur le rapport aux animaux en Chine qui est un peu surprenant quand on n’a pas l’habitude.

Selon les régions de Chine où vous irez, vous pourrez vous apercevoir que les Chinois mangent plus ou moins « de tout », du chien, des pattes de poulet pour ne citer qu’eux… Au restaurant, vos voisins sont tout à fait susceptibles d’avoir une tête de poisson sur la table, qui sera mangée comme le reste. J’y reviendrai plus bas mais disons qu’il faut parfois avoir le coeur bien accroché. Idem si vous vous égarez vers le rayon poisson ou viande du supermarché où tout est open air … Et je ne parle pas que de la nourriture mais aussi des chats errants particulièrement écorchés que vous pourrez croiser, ou autres animaux de compagnie.

Bilan

Enfin, malgré ces points un peu délicats mais pas du tout propres à la Chine, je me suis sentie comme un poisson dans l’eau dans ce pays où manger du tofu est socialement acceptable 😉 J’ai globalement mieux survécu au restaurant en Chine qu’en France. Surtout quand j’étais accompagnée de bilingues, mon chinois n’étant pas assez au point…

Il y a un petit temps d’adaptation mais j’ai trouvé la culture plus vegan friendly de manière générale (consommation de peu de produits laitiers, et la viande et le poisson en quantités assez petites). Malgré la taille assez hallucinante du rayon lait au supermarché (lait qui venait de Thaïlande …)

En 2016, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les problèmes d’obésité et de diabète, la Chine a dévoilé un programme visant à réduire de 50% la consommation de viande. Vous imaginez la même chose en France ? Pas moi !

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Votre serviteure en mal de rizières inondées

Petit dico :

素 végétarien (en lettres « sù », se prononce « sou »)
viande (Ròu « jaou ») – 猪肉 viande de porc, 鸡肉 poulet, …
poisson (yù « yu »)
我不吃 je ne mange pas… (Wǒ bù chī « wo bou tcheu »)
鸡蛋 d’oeuf (jīdàn « dji dane » -> je ne mange pas d’oeuf : Wǒ bù chī jīdàn )
牛奶 de lait de vache (niúnǎi « niou naï ») (si c’est le lait d’un autre animal, le deuxième caractère reste le même)
奶酪 de fromage (Nǎilào « naï lao »)
奶油 de beurre (năiyóu « naï yao »)
A bientôt pour de nouvelles aventures en Véganie,

Fox

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